Broderies au point de croix, grilles gratuites (et d'autres payantes), SALs, et anecdotes d'école.
Un message qui tourne sur Facebook (message transféré par une collègue parce que je n'ai toujours pas Facebook) , et il n'y a rien à rajouter.
Margot Poretti
le 14 juin à 21:05 · Partagé avec Public
A Monsieur le Président ...
Quand vous avez annoncé la fermeture des écoles,
mes collègues et moi même avons de suite organisé tout ce qu’il fallait
pour mettre en place la continuité pédagogique de nos élèves.
Dès le lundi suivant, tout était opérationnel pour nos élèves :
fichiers de devoirs, visio, mails quotidiens.
On a appelé les familles une à une, plusieurs fois.
En dépit du non fonctionnement des serveurs et
plateformes de l’Education Nationale.
Avec nos matériels personnels, notre bonne volonté,
nos heures que l’on a pas comptées. On s’est adaptés.
Quand vous avez annoncé la réouverture des écoles
avec un protocole de dingue,
les collègues et moi même avons de suite tout réorganisé.
On était prêtes. La rubalise a été posée, les tables espacées,
certains toilettes condamnés, les meubles poussés,
les jeux mis sous bâche.
Par nous mêmes.
On a joué sur chacun de nos 2 pieds pour assurer l’école à l’école
et l’école à la maison de nos élèves encore confinés
alors que les journées faisaient toujours 24h
et pas une seconde plus.
En dépit des injonctions contraires que l’on recevait chaque jour.
Avec notre bonne volonté, nos heures que l’on a pas comptées. On s’est adaptés.
Quand les médias tabassent à longueur de journée que les profs ont disparu,
on s’est tus. On a pris sur nous en se disant que nous, nos élèves savent,
nos parents d’élèves savent.
Que ce n’était sûrement qu’une stratégie gouvernementale :
le fameux « diviser pour mieux régner ».
Quand il a fallu accueillir les enfants dans des conditions douteuses,
en les empêchant de s’approcher, de jouer, de manipuler, de se lever.
On s’est adaptés.
On a creusé nos petites têtes de feignants payés grassement à rien faire
pour que les journées d’enfants de 3 ans se déroulent malgré tout au mieux.
Aujourd’hui, vous annoncez une réouverture totale des écoles
pour lundi matin prochain.
Mais cette fois ci, Monsieur Macron, je ne vais pas m’adapter.
Je ne vais pas revenir le week-end prochain sur temps non scolaire
pour remettre en place mes tables, enlever la rubalise, tout préparer.
Parce qu’à force de tirer sur la corde, elle finit par céder.
Nous nous sommes adaptés, sans aide, sans reconnaissance.
Je ne vais plus autant m’adapter et je refuse de sacrifier
le temps que j’ai à passer avec ma famille pour venir remettre
ma classe comme avant, sur du temps non scolaire, pour des lubies politiques.
Maintenant, on nous dit que la règle de la distanciation est valable
seulement « latéralement ». Qu’est ce que cela veut dire pour nous,
concrètement ?
Quand sommes nous sensés pour la 3ème fois depuis le mois de mars
déménager les locaux, préparer le matériel, prévenir les familles ?
Je soupçonne que vous comptiez sur notre temps personnel,
sur notre week-end parce que même si l’on s’amuse à nous faire passer
pour des fainéants, on sait aussi à quel point la plupart d’entre nous
ne compte ni les heures ni l’investissement. Pour eux. Pour les enfants.
Je serai là, je ferai de mon mieux lundi, comme nous le faisons
depuis la réouverture des écoles, pour les enfants.
Mais cette fois-ci, j’y mets une limite : ma vie personnelle.
Si vous décidiez par hasard, de proposer de l’aide au sens physique,
pour déplacer les meubles, les enseignants de France vous attendent.
Merci.
Si vous décidiez également de communiquer avec les enseignants de ce pays
par un autre moyen que par les médias, sachez que nous en serions ravis.
Nous avons des boites mails professionnelles sur lesquelles
notre Ministre nous envoie de temps à autre de petites vidéos.
Nous serions ravis de recevoir d’autres communications
de la part du gouvernement sur un sujet qui nous préoccupe beaucoup actuellement :
la reprise des écoles en pandémie.
Merci.